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« Mon premier souvenir sucré... »

Qui n'a pas conservé le souvenir de ces gâteaux, confitures ou autres bonbons qui enchantaient nos desserts et nos goûters d'enfants ? Nous sommes partis à la découverte de vos « petites madeleines ». Un dossier qui prouve que les souvenirs, ce sont les gourmands qui en parlent le mieux !

La palme aux grands mères / Douceurs rassurantes Saveurs d'enfance et âge adulte 3e génération
   
La palme aux grands mères
C'est une évidence, les souvenirs savoureux sont affaire de famille. C'est bien souvent les grands mères ou les mères de nos nostalgiques qui ont su éveiller leurs papilles aux délices gourmandes. Avec une mention spéciale pour les Mamies ! Agnès se souvient avec émotion des « bubeles » (beignets sucrés) de sa grand-mère, tandis qu'Aurélien partage ses souvenirs entre les galette de goumeau (tartes à la pâte levée, au sucre et à la crème) et les « sèches » (simple pâte sablée saupoudrée de sucre et découpée en parts triangulaires) de ses deux grands mères franc-comtoises.
Anne-Marie a encore en bouche les bugnes de sa Mamie lyonnaise, et elle en parle si bien : « tous les ans, à l'époque de Mardi-Gras, ma grand-mère arrivait chez nous avec sa boîte en plastique bleue, et nous savions alors que la saison des bugnes était arrivée. Elles étaient délicatement empilées en plusieurs couches finement saupoudrées de sucre glace ; gonflées à souhait, les bords dentelés, dorées à point, elles craquaient délicieusement sous la dent et n'avaient qu'un seul goût : le revenez-y. »
Des douceurs rassurantes
Mais pourquoi ces douceurs ont-elles un goût si inoubliable ? Au delà de leur goût, nos gourmandises d'enfance ne véhiculeraient-elles pas aussi de bien rassurantes valeurs : stabilité, affection, générosité et même... patience !
« C'est la cuisine de ma grand-mère, géographique et sensorielle... D'ailleurs elle m'appelait bubelé de temps en temps », se souvient Agnès. Anne-Marie ne dit pas autre chose quand elle ajoute : « Cette saveur avait le goût de la générosité : il fallait des heures de travail pour fabriquer de telles quantités de bugnes distribuées à la famille, offertes en dégustation aux amis, ou amenées au « club des anciens ». Pour Delphine, la qualité principale de la tarte au pommes de sa Maman, outre sa pâte ultra croustillante, « célèbre dans toute la famille », c'était précisément que : « ma Maman les faisait exprès pour moi, c'était le seul dessert qui me plaisait : très simple, juste la pâte et les pommes. »
Sophie, quant à elle, se souvient d'avoir appris la patience devant la bassine à confitures : « Après la récolte, le temps des confitures mettait ma patience à rude épreuve. Les bonnes confitures se font dans des vieilles marmites, et cuisent longtemps, trop longtemps pour l'enfant gourmande que j'étais. »
Saveurs d'enfance à l'âge adulte
Dégustées à l'âge adulte, quel goût ont nos douceurs d'enfance ? Variable... Certains ne s'y retrouvent pas tout à fait, ainsi Agnès qui apprécie moins désormais ces beignets « assez lourds et gras ». D'autres succombent avec délices aux charmes de leur petite madeleine ! « Ma maman me fait toujours des tartes aux pommes, mais maintenant j'ai élargi mes goûts et j'aime beaucoup qu'elle ajoute un peu de pâte de coing maison dans le fond de tarte. », témoigne Delphine. Quant à Cécile, elle regrette de ne plus trouver facilement ces petits berlingots de lait concentré aromatisés qui ont enchanté ces goûters. « Quand j'en découvre en rayon, je ne résiste pas au plaisir de retrouver ce goût, et surtout ce geste de tétée rassurante. Et mes enfants adorent aussi ! ».
Troisième génération
Car des grands parents aux parents, puis aux enfants, le plaisir à transmettre ses souvenirs gourmands à chaque génération demeure intact. Au point que certains mettent la main à la pâte, et tentent de retrouver les saveurs qui les ont marqués. « Depuis que j'ai des enfants, j'ai décidé moi aussi d'apprendre à faire les bugnes. Chaque année, si possible avant le mercredi des Cendres, j'organise une « soirée bugnes ». Il m'arrive même d'aller en offrir à des voisins. », témoigne Anne-Marie.
Même si les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des souvenirs (embellis ?) de l'enfance, le goût d'inscrire les enfants dans la lignée gourmande est le plus fort. « Après plusieurs années de persévérance, je dois me rendre à l'évidence : jamais je n'arriverai à faire des bugnes aussi gonflées que celles de Mamy, se désole Anne-marie. Mais plus tard, le premier souvenir sucré de mes enfants sera un souvenir convivial. »
Quant à Delphine, si elle jette l'éponge (« je n'arrive pas à faire une pâte comme celle de maman... j'ai abandonné ! »), ce n'est que pour mieux inventer son propre rituel gourmand : « Mon fils adore les galettes bretonnes que nous préparons ensemble ». Gageons que ces galettes illumineront longtemps ses souvenirs de petit garçon !

© Béghin-Say 2007
© photo : M. Rougemont / CEDUS
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